HISTORIQUE

2017

Rapport du directeur artistique

En 2017, la 24ème édition du Festival du Jura a célébré son 40ème anniversaire lors du concert anniversaire donné en l’Eglise de Courgenay le 17 juin. L’Orchestre du Festival du Jura, Léonie Renaud, soprano et Alexandre Beuchat, baryton, étaient les interprètes. C’était ma volonté  d’associer à cet anniversaire deux jeunes Jurassiens.

Les 31 août au Temple de Tramelan et 1er septembre à l’Eglise St-Marcel de Delémont, étaient invités l’Orchestre du Festival du Jura avec en soliste la pianiste Brigitte Meyer. C’était une façon de rappeler le riche passé de l’institution.

Le 6 septembre au Forum St-Georges de Delémont, le lauréat du 10ème Concours national du Festival du Jura, le clarinettiste Damien Bachmann, le pianiste Fazil Say et le Casal Quartett étaient les invités. Ce concert a été marqué par la création mondiale de Yürüyen Kösk (Hommage à Atatürk) pour quatuor à cordes et piano, œuvre commandée au compositeur Fazil Say pour les 40 ans du Festival du Jura.

Le 8 septembre au Collège Thurmann de Porrentruy, Fazil Say donna un récital de piano. Au programme de cette soirée, le compositeur interpréta plusieurs de ses œuvres.

Le samedi 9 septembre au Collège Chantemerle de Moutier, les 9 finalistes du 11ème Concours national du Festival du Jura se présentèrent en concert public et devant le jury présidé par Christian Holenstein. La jeune harpiste lausannoise de 17 ans Tjasha Gafner remporta le 1er Prix. Les deux autres Prix furent attribués au saxophoniste Alejandro Olivan et au violoniste Anthony Fournier.

Le 15 septembre à l’Eglise des Jésuites de Porrentruy, les Percussions de Strasbourg offrirent une prestation hors du commun. Les 13 et 14 septembre, cet ensemble anima cinq concerts-animations pour les écoles supérieures jurassiennes.

Le 23 septembre à l’Eglise St-Marcel de Delémont, le Kammerorchester Basel, la clarinettiste Sabine Meyer et le flûtiste Emmanuel Pahud donnèrent un concert enregistré par la Radio Télévision Suisse Espace 2.

Les deux concerts finaux. Le 28 septembre à la Salle des spectacles de St-Imier et le 29 septembre à l’Eglise St-Pierre de Porrentruy, l’Orchestre symphonique de Bienne avec en soliste le violoniste Renaud Capuçon, enthousiasmèrent les mélomanes.

Je terminerai ce rapport en remerciant chaleureusement toutes les personnes qui durant ces 40 ans m’ont apporté leurs nombreux soutiens sous différentes formes. Sans elles, le Festival du Jura n’aurait simplement pas existé.

Porrentruy, le 10 mai 2018
Georges Zaugg

2015

Le Festival du Jura 2015 s’est déroulé du 22 août au 27 septembre à Delémont, Porrentruy, Moutier, St-Imier, Tramelan et Courgenay. Placé sous le slogan « l’émotion des arts », la manifestation a présenté, c’était presque une première, une exposition de peintures de Gilles Fleury, auteur des affiches de l’édition.

Le Kammerorchester Basel, l’un des meilleures orchestres de chambre européens, avec en soliste le célèbre violoniste Daniel Hope a donné le concert d’ouverture du 2 septembre, retransmis en direct par la RTS. Le concert rendait hommage à Sir Yehudi Menuhin, à l’occasion du 100ème anniversaire de sa naissance.

Le 6 septembre, à la Collégiale de Moutier, les mélomanes jurassiens ont vécu un événement exceptionnel, la création mondiale de l’opéra « Les Trois Soupirs », commande du Festival du Jura à Caroline Charrière, compositrice fribourgeoise. La création a été interprétée par le Chœur de Jade (chœur de femmes), l’Orchestre de chambre Fribourgeois et des solistes renommés.

Renaud Capuçon, merveilleux violoniste qui se produit dans la plupart des grands festivals internationaux et dans les plus belles salles de la planète, a enchanté le public à Porrentruy le 23 septembre.

Les mélomanes ont eu le  privilège d’applaudir les lauréats du Concours de Genève 2014 et du Concours Géza Anda 2015. Yubeen Kim, flûte, lauréat du Concours de Genève a été accompagné par l’Orchestre du Festival du Jura, lors de deux concerts symphoniques, l’un à Tramelan et l’autre à Courgenay. Le lauréat du Concours Géza Anda Aleksandr Shaikin a donné un récital au Forum St-Georges de Delémont le 13 septembre, heure musicale retransmise en direct par la RTS.

Les Petits Chanteurs de la Cathédrale St-Urs de Soleure, un des meilleurs chœurs de jeunes de Suisse, ont donné le concert final.

Le 10ème  Concours National du Festival du Jura, ouvert aux élèves en classe professionnelle et aux jeunes professionnels, a désigné Damien Bachmann, premier Prix, Polina Ushakova et Pauline Tardy.

2013

Le Festival du Jura 2013 s'est déroulé du 4 au 29 septembre. Pour la première fois, la prestigieuse manifestation s'est concentrée sur un seul mois, devenant "Septembre Musical".

Les têtes d'affiche étaient la violoncelliste Sol Gabetta, qui a offert un moment d'une grande intensité à Porrentruy accompagnée par le pianiste italien Sergio Ciomei, ainsi que les pianistes français Bertrand Chamayou et Frank Braley qui ont joué à Delémont avec le Kammerorchester Basel dirigé par Umberto Benedetti Michelangeli.

Le Festival a également accueilli deux autres pianistes talentueux: Varvara, pianiste russe lauréate du Concours Géza Anda 2012, et le jeune Lorenzo Soulès, lauréat du Concours de Genève 2012.

Comme à son habitude, l'Orchestre du Festival du Jura a présenté deux concerts, l'un à Courgenay, l'autre à Tramelan. L'ensemble a accompagné Jean-Jacques Goumaz, hautbois, et Christian Holenstein, cor, sous la direction de Georges Zaugg, dans des oeuvres de Mozart et de Haydn.

Autre moment fort, l'Orchestre symphonique de Bienne, dirigé par Georges Zaugg, et l'Ensemble vocal d'Erguël (direction Philippe Krüttli) ont interprété à Moutier et Porrentruy la Messe en la bémol majeur de Schubert avec les solistes: Jacqueline Laurin, soprano; Hélène McClellan, alto; Michel Mulhauser, ténor; Stephan Imboden, basse.

Enfin, le public a pu suivre à St-Imier l'Epreuve finale du 9ème Concours National du Festival du Jura. Pour la première fois, le jury professionnel présidé par Christian Holenstein n’a pas décerné de 1er prix. Il a en revanche donné le 2e Prix, ex-aequo, à l'accordéoniste Thibaut Trosset et au flûtiste Rafal Zolkos, et le 3e Prix ex-aequo à Meret Eve Haug, harpiste, et Maxime Chevrot, tromboniste.

2011

Friand de nouveautés, le Festival du Jura a commandé une oeuvre aux deux compositeurs jurassiens, Oscar Wiggli et Roger Meier. Créée le 8 septembre à Moutier et le 9 septembre à Porrentruy, elle a surpris de nombreux mélomanes, qui ont aussi pu écouter à la même occasion Mousse Boulanger, artiste native de Boncourt, lire des extraits de ses poèmes.

Le piano a été à l'honneur à plusieurs reprises, avec notamment Mami Hagiwara, 1er Prix du Concours de Genève 2010, à Saint-Ursanne le 18 septembre, et Jinsang Lee, lauréat du Concours Géza Anda 2009, le 25 septembre à Delémont.

Au piano toujours, du 25 au 28 octobre à Tramelan et Porrentruy, Sergey Koudriakov a ravi les mélomanes en interprétant sans partition l'intégrale des 5 concertos pour piano et orchestre de Beethoven, accompagné de l'Orchestre du Festival du Jura.

Enfin, cerise sur le gâteau, le Festival du Jura 2011 a eu l'honneur d'accueillir le Kammerorchester Basel et surtout la mezzo-soprano autrichienne Angelika Kirchschlager le 22 septembre à Delémont, un concert inoubliable.

2009

Le Festival 2009 a proposé plusieurs voyages traversant, dans un ordre arbitraire, les âges, les émotions, les sentiments, les rencontres, les régions, les chemins connus ou inconnus… avec à la clé un seul objectif, la recherche de la beauté idéale et du bien-être.

« Voyage de la jeunesse » : Le Festival 2009 s’est ouvert par la 7e édition du Concours national. Le concert d’ouverture a permis d’apprécier la lauréate de la dernière compétition, la Lettone Gunte Abele, violoncelliste.

« Voyage jurassien » : une exposition organisée avec la collaboration du Musée de l’Hôtel-Dieu de Porrentruy a rappelé l’existence de cinq compositeurs du Pays jurassien, Pierre Alin, Henri Gagnebin, Albert Béguelin, Paul Miche et Louis Broquet.

« Voyages intérieurs » : Deux récitals ont conduit les mélomanes sur des sentiers intimistes grâce aux prestigieux interprètes engagés, Jean-François Antonioli, pianiste, Brigitte Fournier, soprano et George Vassilev, guitariste, trois artistes à la réputation internationale qui ont naturellement fait vibrer les âmes.

« Voyage symphonique » : L’Orchestre du Festival a créé à Courgenay et à Moutier le 2e concerto pour piano et orchestre d’Arturo Cuellar.

A l’occasion du 200e anniversaire de la mort de Joseph Haydn, l’Orchestre du Festival a interprété trois symphonies de jeunesse du célèbre compositeur. Le concert final, donné par le Kammerorchester Basel a permis de découvrir l’impressionnante violoncelliste et nouvelle star mondiale Sol Gabetta.

2007

Cette évocation de trente ans de Festival ne se veut pas exhaustive, loin de là. Le principal, c’est que l’émotion des concerts demeure. Difficile d’oublier tous ces moments forts. Et l’affiche du Festival 2007 prouve que l’émotion est loin de s’éteindre, l’énergie du directeur artistique et de ses collaborateurs non plus. Le programme annonce le meilleur.

Trois séries de concerts seront données par l’Orchestre du Festival du Jura avec en soliste la soprano Barbara Hendricks, le flûtiste zurichois Maurice Steger et le hautboïste fribourgeois Jean-Jacques Goumaz. Plusieurs créations sont inscrites au programme. Le Kammerorchester de Bâle accompagnera les célèbres pianistes Katja et Marielle Labèque. Quatre concerts seront dédiés à des lauréats du Concours national du Festival du Jura. Plus que jamais, la manifestation est fidèle à ses engagements.

 

2006

En 2006, ils montent le Mozart Festival. Cette édition spéciale propose trois concerts dédiés au génie de Salzbourg. L’Orchestre du Festival du Jura joue deux symphonies composées par Mozart durant son adolescence, dont la fameuse Symphonie concertante avecen soliste Marc Paquin, violon, et German Clavijo, alto, et des airs de concerts chantés par la soprano valaisanne Barbara Theler. Le pianiste Maurice Hertzog et le violoniste Roujelub Janakiev, enseignants de l’Ecole jurassienne et Conservatoire de musique de Delémont, interprètent deux sonates. La série se conclut par la prestation du Quatuor Erato avec le pianiste bruntrutain Roger Duc.

2005

Le Festival 2005 se divise en deux volets. L’un est consacré à la musique de chambre, l’autre aux ensembles symphoniques. Plusieurs grands solistes sont invités: les violonistes Pierre Amoyal, Renaud Capuçon et les pianistes Elizabeth Sombart et Alexei Volodin. Le Kammerorchester de Bâle, l’Orchestre symphonique de Bienne, l’Orchestre du Festival du Jura et l’Orchestre symphonique de Mulhouse enchantent le public. Pour la première fois, le programme présente un concert de clavecin, donné par le Hollandais Bob Van Asperen. Les organisateurs auraient pu attendre deux ans, mais ils ne pouvaient pas laisser passer les 250 ans de la naissance de Mozart.

2003

L’édition 2003 démarre par une surprise. Le Festival du Jura accueille le 37e Concours international de violon Tibor Varga. L’amitié qui lie Tibor Varga et Georges Zaugg a joué. Le violoniste qui cherchait une terre d’accueil pour son concours installé jusque-là à Sion a choisi le Jura. Il se tient à mi-août. Le 4 septembre, Tibor Varga s’éteint en Valais à l’âge de 82 ans. Le Festival est endeuillé. Le premier des trois concerts de l’Orchestre du Festival est dédié à l’artiste et à l’ami. Le spectacle continue. La série des créations s’étoffe. Pour les 60 ans de l’artiste jurassien Rémy Zaugg, une œuvre est commandée au compositeur Jean-Luc Darbellay. «Regarde», pièce pour quatuor à cordes, cor, cor de basset et saxophone, sur des textes de Rémy Zaugg, est interprétée par l’Ensemble Orion à Porrentruy. Deux journées Claves sont organisées à l’occasion des 35 ans de la maison de disques dirigée par la regrettée Marguerite Dütschler: dix concerts sont donnés à Saint-Ursanne par une quinzaine de musiciens de la nouvelle génération d’interprètes.

2002

2002 devait être une année de repos, le Festival étant bisannuel. Mais les organisateurs, soutenus par l’Espace Mittelland, ne peuvent refuser l’invitation de la direction musicale d’Expo.02 et de l’arteplage mobile du Jura qui leur donnent carte blanche. Ils montent l’Intégrale des 16 concertos pour orgue et orchestre de Haendel déjà proposée en 1989. L’œuvre, présentée en quatre concerts, est jouée par Jean-Christophe Geiser, organiste de la Cathédrale de Lausanne, et Heinz Balli, organiste de la Cathédrale de Berne. Berne, Lausanne, Porrentruy, Delémont, Saint-Imier et Moutier accueillent les concerts. Le dernier se donne sous la Tente Centenaire de l’arteplage de Morat.

2001

Le Festival refuse de se répéter et invente de nouvelles formules. Les éditions du début du millénaire en témoignent. En 2001, la littérature fait son entrée dans le programme: Anne Cunéo dit – sur des airs de la Renaissance anglaise interprétés par l’Ensemble vocal Orlando – des textes tirés de son best-seller «Le Trajet d’une rivière», roman universel sur la musique. L’inclassable et regretté Jean-François Bovard offre une œuvre inspirée des éoliennes du Mont-Crosin. «Echo d’Eole», sur un livret du poète Pierre Louis Péclat, est jouée en première mondiale par l’Ensemble vocal d’Erguël dirigé par Philippe Krüttli. L’oratorio du Vaudois sera chanté par 80 chanteurs et musiciens et dansé par la chorégraphe Doris Vuilleumier, en muse inspiratrice de la voix du vent. Mais ce Festival est encore une fois celui de la fidélité avec le retour de Tibor Varga qui dirige son Orchestre de chambre à Courgenay. Le maître fête ses 80 ans et la manifestation ne peut pas se passer de rendre cet hommage au violoniste et pédagogue avec lequel elle a tissé des liens très forts.

1999

Une idée originale et innovatrice jaillit: les «Interjurassiennes», invitation adressée aux artistes du pays jurassien, un «Festival de la voix» et un «Festival de piano» avec Nicolas Farine, Anne Oberholzer, Roger Duc et Michel Siegenthaler. Le premier voit la création d’«Ombres et Lumières», une œuvre composée par Henri Monnerat sur des textes de Bernard Chapuis. Cette suite chorale pour voix égales et flûte solo sera interprétée par la Chorale des Enseignantes et l’Ensemble Calliope. Le Festival de piano permet de créer «Impressions en quadrichromie» jouée par les quatre pianistes cités plus haut. Dans cette œuvre de Bernard Nussbaumer, quatre pianos dialoguent dans des motifs qui se répondent et se complètent.

Mais le Festival ne sera pas seulement jurassien. Il sera aussi européen. De vocation régionale, il se joint à l’Europe des régions. La signature d’un partenariat transfrontalier avec la Regio Basiliensis débouche sur la venue de l’Orchestre de Mulhouse ainsi que du Freiburger Barockorchester de Fribourg-en-Brisgau, ensemble réputé de musique baroque.

Barbara Hendricks revient avec l’Orchestre symphonique de Mulhouse. Elle chante une fois de plus à guichets fermés. Le Festival est aussi victime de son succès dans les écoles. Plus de 6500 enfants s’inscrivent à l’action «Les artistes occupent les écoles».

Pour la première fois, Georges Zaugg renonce à diriger un orchestre. Son engagement politique et son sauvetage de l’Hôtel de la Petite Gilberte de Courgenay auront momentanément raison de son énergie. Mais pas pour longtemps...

1997

Le Festival affiche sa douzième édition et ses vingt ans d’existence. Malgré les années qui passent, la routine ne s’installe pas. L’enthousiasme des organisateurs ne s’éteint pas. Au contraire. Interrogé par la Radio Suisse Romande, Georges Zaugg avait déclaré en 1989 que le budget du Festival ne lui permettra jamais d’engager des stars comme un Maurice André. En moins de dix ans, la situation a changé et cette fois, le directeur artistique du Festival réussit à engager le célèbre trompettiste français. Maurice André vient à Porrentruy en compagnie de son fils et de sa fille. La persévérance a gagné. Plus rien ne peut arrêter les organisateurs. Les sœurs Sybille et Mirjam Tschopp, violonistes zurichoises, l’Orchestre Sérénade d’Arménie, le Duo Nova – lauréat du Concours du Festival en 1995 – envoûtent aussi les scènes jurassiennes.

1995

Le festival réunit musique, poésie et peinture. Il commande une nouvelle oeuvre à Jean Balissat qui met en musique des poèmes de Jean Cuttat. Le musicien crée «L’Or perdu», pièce pour quatuor à cordes et récitant. Le concert donné par le brillant Quatuor Sine Nomine est retransmis en direct sur les ondes de la Radio Suisse Romande - Espace 2. En parallèle, une exposition dédiée à Tristan Solier, le frère de Jean Cuttat, est montée à Porrentruy. Après Barbara Hendricks, une autre dame enchante les Jurassiens, la mezzo-soprano espagnole Teresa Berganza.

Le Chœur des XVI de Fribourg (dirigé par André Ducret), l’Ensemble Calliope (dirigé par Liliane Gerber), le Chœur des écoliers de Bienne et le Chœur de l’école secondaire de Tavannes (dirigés par Pierre von Gunten) rendent hommage à Jean Mamie en interprétant des pages du répertoire du compositeur prévôtois. L’Ensemble de cuivres jurassiens se produit avec le pianiste Roger Duc dans un programme original.

1993

«La dixième édition s’annonce comme un grand cru», déclare le directeur artistique à la presse en présentant le programme et il a de quoi pavoiser. Le Festival atteint ses lettres de noblesse. La voix sera le fil conducteur de cet anniversaire avec une ambassadrice exceptionnelle. Georges Zaugg a frappé un grand coup. Il a signé avec la soprano américaine Barbara Hendricks qui accepte de chanter en récital pour la première fois dans le Jura. Elle enflamme les mélomanes réunis à guichets fermés dans l’église Saint-Pierre de Porrentruy.

Ce moment intense est précédé par un passage de la star à la tribune du Parlement jurassien lors d’une session extraordinaire consacrée au racisme et à la xénophobie le 14 décembre. Barbara Hendricks, ambassadrice de l’UNICEF et militante des droits de l’homme, apporte son témoignage et les députés jurassiens s’engagent contre les discriminations. Le Festival ne peut plus se démarquer de l’histoire du canton. L’anniversaire sera aussi célébré avec deux créations: une messe du Prévôtois Christian Giger et un oratorio du Fribourgeois André Ducret sur des textes d’Alexandre Voisard, œuvre interprétée par le magnifique Chœur des XVI. De grands moments s’ajoutent à cet étourdissant programme: le Concert de l’Europe à Porrentruy avec l’Orchestre philharmonique de Moravie et en soliste Tibor Varga, le violoniste Pierre Amoyal et son célèbre stradivarius, Michel Corboz et l’Ensemble vocal de Lausanne. Le premier Concours du Festival du Jura voit le jour: Jeunes artistes, la scène est à vous ! Après le succès de la dixième, la barre est désormais très haute. Mais Georges Zaugg continue à regorger d’idées pour cette édition qui se tient pour la première fois de Porrentruy à La Neuveville.

1991

Saint-Imier s’ajoute à Moutier. L’histoire du XXe siècle se retrouve dans les pages du programme: deux ans après la chute du Mur de Berlin, le Festival s’ouvre à l’Est, en conviant l’Orchestre de chambre de Moravie dans le Jura. Georges Zaugg se rend en Tchécoslovaquie pour rencontrer l’ensemble qu’il dirigera en Suisse dans un hommage à Mozart, dont on fête le bicentenaire de la mort.

Les Tziganes de Laslo Berki (Hongrie) et le Quatuor Talich (Tchécoslovaquie) s’ajoutent aux invités venus de l’Est. Du côté des artistes jurassiens, l’affiche accueille le pianiste Gérard Wyss, la violoniste Valérie Monnin ou Jean-Christophe Geiser, enfant de Cortébert et organiste de la Cathédrale de Lausanne.

1989

En 1989, le Festival fait son entrée dans le Jura bernois. L’un des neuf concerts est prévu à Moutier. Pour le reste, place à l’orgue. Quatre programmes, joués par quatre organistes différents, Bernard Heiniger, Philippe Laubscher, André Luy et Marie-Claire Alain, reprennent l’Intégrale des 16 concertos pour orgue et orchestre de Haendel. Grâce à ce projet, le Festival quitte les frontières jurassiennes le temps d’une tournée qui passe par Berne, Lausanne, Bienne, Montbéliard et Masevaux dans le Haut-Rhin.

Plusieurs musiciens reviennent, signe des amitiés qui se nouent au fil de la manifestation: Marie-Claire Alain, l’Orchestre de chambre de Lausanne et André Charlet avec le Chœur de chambre romand, ainsi qu’à nouveau l’Orchestre de la Suisse romande avec à sa tête Jean-François Monod. L’institution n’oublie pas les artistes de son pays en invitant la pianiste biennoise Brigitte Meyer, l’Ensemble de cuivres d’Ajoie et le Chœur du Collège Thurmann.

1987

Nous sommes en 1987. Déjà dix ans. Faisant le lien avec l’édition précédente, le Collegium Academicum de Genève ouvre les feux avec le Chœur du Festival et le Chœur de Colombier, soit 140 chanteurs et musiciens, sous la direction de Georges Zaugg. Ils interprètent des extraits des «Indes Galantes» de Rameau et le chef jurassien dirige la Symphonie en ut mineur dite «Tragique » de Franz Schubert. Une création est à nouveau à l’ordre du jour : l’Orchestre du Festival du Jura, qui réunit 25 musiciens professionnels principalement de l’Arc Jurassien, avec le violoniste Jacques Pellaton en soliste, joue «Mantra» d’Alfred Schweizer. Cette édition anniversaire accueille aussi le Trio Pantillon, l’Ensemble vocal de Lausanne dirigé par Michel Corboz, l’organiste Marie-Claire Alain, mais aussi dans un autre registre le chanteur Henri Dès et le clown Dimitri.

1985

Le Festival du Jura célèbre l’Année européenne de la musique. La manifestation gagne en assurance et entre dans le patrimoine musical jurassien. Depuis les débuts, le nombre de spectateurs a décuplé. Ils sont 3000 cette année-là. Onze concerts sont inscrits au programme, dont celui de l’Orchestre de la Suisse roman.

«Evénement numéro un pour la République et Canton du Jura» écrira «Le Pays». «Revenez», titrera «Le Démocrate». Autre événement, la venue à Porrentruy de l’Orchestre de chambre de Lausanne et du Choeur Pro Arte dirigé par André Charlet. L’édition rend aussi hommage au compositeur Frank Martin. Sa fille Teresa Martin participe à un récital de danse et de piano. L’émotion envahit la salle des Jésuites de Porrentruy en présence de l’épouse du musicien, Maria Martin. La même année, le Festival entre dans les écoles. Une initiative qui se répétera au fil des ans, permettant à de nombreux jeunes de découvrir la musique.

Des classes peuvent assister à une répétition d’orchestre, en l’occurrence celle du Collegium Academicum de Genève qui joue «Pierre et le Loup» de Prokofiev, ainsi que «Le Carnaval des Animaux» de Saint-Saëns. En clôture de Festival, l’orchestre, dirigé par Georges Zaugg, accompagne quatre jeunes artistes jurassiens Maurice Bernard, trompette, Bernard Nussbaumer, piano, Roger Duc, piano, et Christine Laville, récitante.

1983

L’année 1983 coïncide avec le centenaire de la naissance d’Ernest Ansermet. Une part importante de la programmation est consacrée au musicien et chef d’orchestre. «L’Histoire du Soldat» de Charles-Ferdinand Ramuz et Igor Stravinsky, créée par Ernest Ansermet en 1918 à Lausanne, est jouée à l’heure de la veillée dans la salle de la Petite Gilberte à Courgenay. Tibor Varga revient avec son Orchestre de chambre.

1981

Les artistes amateurs ont toujours leur place, mais les professionnels dominent l’affiche. Le Festival propose huit concerts à travers le canton. Il s’ouvre même à un groupe de rock: les Trampolin... tout un programme. Contrairement aux autres festivals, il veut faire dans l’éclectisme, avec des concerts baroques, classiques, rock, jazz et de la chanson.

1979

Entrée en souveraineté de la République et Canton du Jura. Le canton dernier-né de la Confédération se doit d’avoir un festival: le premier Festival du Jura voit le jour, dans la foulée du troisième Festival Musical de la Jeunesse. Neuf concerts étoffent le programme, avec la volonté de s’ouvrir à tous les genres musicaux: du classique au jazz, en passant par la musique populaire et instrumentale, ainsi qu’en prime, un spectacle de la Compagnie Dimitri. Cette édition marque aussi le début d’une longue amitié avec le chef d’orchestre et violoniste hongrois Tibor Varga qui vient jouer à Saint-Ursanne avec son orchestre. Le Festival ne sera plus celui d’un lieu ou d’une région. Il deviendra l’événement musical de tout le canton. Les musiciens se produisent à Porrentruy, Saint-Ursanne, Courgenay, Delémont et Saignelégier. Les organisateurs commandent une œuvre à Jean Balissat, qui vient de composer la musique de la Fête des Vignerons. Le Festival prend de l’ampleur et passe à la vitesse supérieure. L’association du Festival Musical de la Jeunesse et Festival du Jura est créée le 28 novembre 1980, un moment-clé dans l’histoire de la manifestation. L’équipe, toujours emmenée par le directeur artistique Georges Zaugg, s’engage pour un Festival populaire, conviant de grands artistes internationaux et donnant un espace d’expression aux musiciens jurassiens.

1978

Le 2e Festival Musical de la Jeunesse s’étend aux Franches-Montagnes et à la Vallée de Delémont. Dotée d’un budget de 15 000 francs, la manifestation propose six concerts dont ceux de la Chorale de l’Ecole jurassienne de musique et des lauréats du 3e Concours suisse de musique pour la jeunesse.

1977

Un groupe d’amis mélomanes et musiciens emmené par Georges Zaugg lance le Festival Musical de la Jeunesse à Courgenay. Les débuts sont encore modestes. Quatre concerts sont organisés en Ajoie – à Courgenay, Alle et Porrentruy – dans l’idée d’entourer le chœur d’enfants de l’école primaire de Courgenay et de promouvoir la musique chez les jeunes.

Mais l’équipe ambitionne aussi d’ouvrir le Jura, éloigné des grands circuits musicaux et des grandes villes, à de jeunes artistes renommés. A l’affiche de la première édition, qui se tient du 19 au 26 juin, figurent le pianiste Christian Favre, la Maîtrise de Fribourg, mais aussi les Cadets de Porrentruy et les Coccinelles de Courrendlin. Le succès est au rendez-vous et l’aventure se poursuit.